Message de Hand Sadi, à Kamel Irchene.

À Kamel Irchene

C’était le 27 avril 2001. C’était un vendredi, comme hier. Comme beaucoup d’entre nous, hier, tu marchais pour la liberté. Mais toi, tu étais sur le chemin des preux. Celui de Hand ou Saïd Abdoun haranguant la foule venue assister à son exécution. C’était le 14 mai 1895 lors de la sextuple exécution par la guillotine sur la place, devant la gendarmerie d’Azazga. C’était aussi le printemps.

En 2001, vous étiez de nombreux jeunes à partir à la rencontre du printemps, comme au temps jadis. Bien que, chez nous, il ne dure pas, le printemps reste la saison la plus belle de toutes, celle qui illumine de couleurs éclatantes l’éclosion de la vie.

Mais cette année-là, le pouvoir en avait décidé autrement. C’était la mort que les gendarmes semèrent parmi vous. Une fois, deux fois, cent fois et davantage encore, ils firent mouche, vous fauchant comme une moisson d’hommes.
Il y a de cela 18 ans.

C’est alors que ce printemps perdit ses couleurs. Il se fit noir comme un vol de corbeaux assombrissant le ciel, comme une tache noire sur le chemin des preux.

Tu es tombé, dans une rue d’Azazga, écrivant ton testament sur le mur. Ils ne t’ont pas laissé le temps de faire un long discours. Il n’y a cependant ni haine, ni colère dans ton dernier souffle de vie. Mais la grâce.

Mu par une force surnaturelle, tu écrivis un mot, un seul, le plus beau dans toutes les langues. Tu nous en fis le legs que tu signais, avant de t’effondrer, en plaquant sur le mur tes mains trempées dans ton sang. Un don hors d’atteinte des gendarmes, un impérissable viatique dont nul général ne peut nous priver.

Sur le mur d’une rue d’Azazga
En lettres de sang
Tu as écrit son nom
Liberté

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