Tahar DJAOUT …. « Sans être coupable » Assassiner durant la décennie du terrorisme

“Le silence, c’est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs. Et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs.” Tahar DJAOUT Le fils prodige d’Azeffoun (Kabylie), le 26 mai 1993, face à l’intimidation islamiste au début des années 90, est le premier journaliste assassiné en Algérie, à l’âge de 39 ans, par un mystérieux commando armé.

D’origine kabyle,Tahar DJAOUT est né le 11 janvier 1954 à Oukhou (Ighil Ibahriyen) prés d’Azffoun en Kabylie , il a été tué pour ses idées progressistes, et son rejet de l’obscurantisme islamiste. La nébuleuse barbare, qui a secoué l’Algérie durant les années 90, allergique au progrès, et à toutes idées qui sortent de son idéologie obscurantiste.il fréquente l'école jusqu'en 1964. Sa famille s'installe ensuite à Alger. En 1970 sa nouvelle Les Insoumis reçoit une mention au concours littéraire Zone des tempêtes. Il termine ses études l'année suivante au lycée Okba d'Alger, en 1974, il obtient une licence de mathématiques à l'université d'Alger, où il s’est lié avec le poète Hamid Tibouchi.

Tahar Djaout a été l’un des plus grands journalistes algériens. En 1966-67 il écrit pour El-Moudjahid avant d’intégrer la rubrique culturelle de l’hebdomadaire Algérie-Actualité où il a occupé un poste de responsable de 1980 à 1984. Entre ces deux titres, il avait travaillé pour Actualité de l’émigration où il signait ses articles sous le pseudonyme de Tayeb S. Pour ce qui est de ses critiques littéraires ou, plus généralement, artistiques, Djaout avouait qu’elles étaient le durit d’une lecture personnelle.

En 1985 Tahar Djaout reçoit une bourse pour poursuivre à Paris des études en sciences de l’information et s'installe avec sa femme Ferroudja et ses filles. En 1987,de retour à Alger , il reprend sa collaboration avec "Algérie-Actualité". Alors qu'il continue de travailler à mieux faire découvrir les événements nationaux et internationaux le font bifurquer sur la voie des chroniques politiques. Journaliste et écrivain algérien, Tahar Djaout , quitte en 1992 Algérie-Actualité pour fonder avec quelques-uns de ses anciens compagnons, notamment Arezki Metref et Abdelkrim Djaad, son propre hebdomadaire : le premier numéro de Ruptures, dont il est le directeur, paraît le 16 janvier 1993. Il assumait sa triple culture, arabe, berbère et française (sa langue d'écriture privilégiée était le français). C'est peut-être cette image de l'Algérie moderne et tolérante qu'on a voulu tuer en Tahar Djaout. Sa mort apparaît d'autant plus injuste qu'écrire était sa seule et véritable ambition. « La parole est comme une balle. Une fois sortie, elle ne revient plus », dit le proverbe Kabyle.

Assassinat de Tahar Djaout En quittant son domicile situé à Baïnem, une cité populaire de la banlieue ouest d'Alger, Tahar Djaout, écrivain, journaliste et directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Ruptures, ne se doutait pas que sa vie allait prendre, ce 26 mai 1993, un tournant tragique. Il est 9 h, Tahar Djaout entre dans sa voiture et allume le moteur. Un jeune homme tapote sur la vitre avant, comme s'il voulait demander quelque chose. Djaout le regarde : il se retrouve brusquement face à un canon de revolver. Dans un ultime et dérisoire réflexe de défense, il lève les mains en bouclier. Une détonation, puis une seconde Le sort du poète est scellé : touché à la tête, il sombre dans un coma profond, dont il ne se réveillera jamais. Les agresseurs jettent le corps encore agité de soubresauts sur le sol, montent dans le véhicule et démarrent en trombe. Evacué vers l'hôpital de Baïnem, Pendant huit jours, Tahar Djaout est plongé dans un coma profond dont il ne sortira pas. Le médecin le déclare cliniquement mort dès le premier jour. Il rendra l'âme une semaine plus tard le 02 juin 1993. Tahar DJAOUT est un combattant, un journaliste qui a reséqué sa vie pour bien exercer son métier de journalisme. Il a laissé des œuvres qui ne s’oublieraient jamais.

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