Les oubliés de l’histoire, Babouche Saïd, Louni Arezki et Manseri Amar.

 

Au 19 juin 1956, 150 Algériens étaient déjà condamnés à mort, pour avoir osé porter les armes pour le recouvrement de l'indépendance de leur pays, spoliée en 1830. Pourquoi la justice mitterrandienne, cautionnée par Guy Mollet et Robert Lacoste, a-t-elle jeté son «dévolu» sur Zabana et Abdelkader Ferradj pour inaugurer la longue liste des 300 Algériens envoyés chez le bourreau ? La raison est politique. Pierre Nicolaï, directeur de cabinet de François Mitterrand à l'époque, le confirme : «C'est une décision politique.» Il avait été chargé par Mitterrand de lui trouver les premiers condamnés à exécuter. Il Voulait réprimer le plus tôt possible la Révolution du peuple algérien. 300 Algériens passés par la guillotine entre 1956 et 1959 .

A l'aube du 8 avril 1957, un lundi, le huitième jour du mois sacré du Ramadhan, dans la cour d'honneur de cette légendaire prison, Barberousse, tombèrent les têtes des moudjahidines Babouche Saïd Ben Mohamed, Louni Arezki et Manseri Amar dans le panier de la guillotine.

En octobre 1954, le pays est partagé en cinq zones, dotées chacune d’un état-major. L’état-major de la Zone III était constitué de Krim, Amar Ouamrane, Saïd Babouche, Ali Mellah, les frères Zamoum (Ali et Mohamed), Moh Touil, Mohamed Yazourène et Ahmad Ghemraoui.

Saïd Babouche, il est désigné comme chef de la région, qui s’étendait d’Aïn El Hammam et Larbaâ Nath Irathen jusqu’à la Soummam. Il choisit le nom de guerre Si Tahar. En plein maquis, il fera connaissance avec le futur colonel Amirouche.

Le 9 janvier 1955, Si Tahar participe à la célèbre bataille de Tizi El Djamaâ. Les combattants de l’ALN ont ciblé pour la première fois une caserne de l’armée française.

Le 8 avril 1957, vers 2h du matin, Si Tahar but un café. Peu de temps avant l’aube, il fit une prière. Vers 4h30 du matin, les bourreaux viennent le chercher. «Ne me touchez pas, je sais marcher tout seul», leur dira Si Tahar, conduit à l’échafaud. La tête de Saïd Babouche, qui a refusé de bander ses yeux, tomba à 4h45.

Manseri Amer : appelé Amer At Mansour ou encore Daiche est né a Timghras en 1918 jugement (azaraf) 1927. Très jeune, il immigra en France. Puis en 1953, il adhéra au PPA-MTLD.

Il était codétenu du célèbre martyr Zahana Ahmed. La sentence de mort d’Amer devait être exécutée avant Zabana si celle –ci n’avait été retardée par la demande en grâce introduite auprès du président de la république française par son avocat maitre Ould Aoudia.

Ces mots, empreints d’une force et d’une bravoure sans égales, ont été rapportés par son avocat, Me Ould Aoudia: “Nous allons mourir pour l’indépendance de l’Algérie, c’est un honneur de mourir pour son pays. Nous allons mourir, mais l’Algérie sera libre.”

Cette exécution a été faite suite à sa capture et à sa condamnation (Tazirt), deux ans auparavant, à la peine capitale et ce, malgré l’appui des pères-blancs de Tizi Ouzou et de l’avocat Ould Aoudia, qui a été jusqu’à être reçu par le président français de l’époque.

Louni Arezki : est né le 26 août 1924 à Makouda, sorti à peine de l'adolescence de ses 20 ans, il rejoignait la Zone Autonome d'Alger. Doté d'un courage surnaturel, il fut un courageux fidaï.

A la retentissante embuscade tendue en plein cœur de la capitale à un convoi militaire au lieudit Pont de fer au Frais Vallon sur les hauteurs de Bab El Oued, Louni Arezki qui était le chef du commando spécial des fidaïne et en première ligne de combat a réussi l'exploit de l'élimination des soldats du convoi au nombre de 4 et la récupération de leurs armes.

Ce courage inflexible lui a valu le mérite affectif de «l'éclair, l'intrépide» dont il fut auréolé par ses frères d'armes et qui pour les rares survivants de la Z A A dont son chef, Yacef Saadi, et la célèbre moudjahida, Djamila Bouhired.

L'arrestation d'Arezki Louni entre le 24 et le 29 décembre 1956, intervient après une opération de guérilla menée à l'intérieur d'une institution de l'occupation française le 23 décembre 1956, emmené à la prison de Sarakaji, il a reçu un écrou de prisonnier No. 6698.

Il fut jugé le 6 février 1957 par un tribunal militaire français qui décida d'appliquer la peine de mort. Tout les trois seront exécutés le 08 avril 1957 à l’aube.

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