Les Abdoun, deux papillons Algériens méconnus !

À la fin du XVIII et le début du XIX siècle, le système pénitentiaire de la France coloniale en Algérie, consignait à déporter des prisonniers et des condamnés à mort vers la Guyane Française et la nouvelle Calédonie.

Le but de peupler ces iles exilées et surtout étouffer les prémices des mouvements insurrectionnels des autochtones. Des dizaines de déportés ont essayé de s’évader de ce cauchemar et d’une manière particulière des condamnés innocents. Plusieurs récits racontent la bravoure et le courage de ces hommes qui ont parcouru des milliers de kilomètres et traverser la mer pour retrouver leur liberté.

Le livre d’Anri Charrière « Papillon», vendu en des millions d’exemplaires est très connu par sa narration de ces évènements historiques, l’histoire est aussi racontée dans le film éponyme « Papillon » du réalisateur Franklin J. Schaffner, ils racontent les tentatives de l’auteur du roman pour quitter la Guyane Française, après être condamné aux travaux forcés à perpétuité d’un jugement sur un acte qu’il n’a pas commis.

Les Abdoun, les deux papillons d’Algerie…
Deux frères Algériens, les Abdoun, ont eu le même sort. Issus de la région des Ath Jennad en Kabylie, au pied de Tamgout, ils sont inculpés à tort, dans le meurtre de l’un des commis de l’Etat français, les deux frères ont longuement clamé leur innocence, mais la justice les a jugés coupables. Ils sont condamnés à des travaux forcés à perpétuités et à l’exil.

Après un périple incroyable, ils ont réussi à quitter la Guyane et regagner leur village, dans une aventure mystérieuse que même les autorités françaises n’ont cru possible, ne trouvant d’autre subterfuge que de pointer de doigt le royaume britannique, accusé d’assister les fugitifs dans leur démarche.

Le début de cette histoire revient à 1883, au Douar d’Agraradj à l’actuelle commune des Aghribs, deux familles, les Abdoun et les Achabo en course au pouvoir. C’est les Achabo remportent la victoire, l’un d’eux est donc, nommé président (Lamine). Quelques temps après, Lamine fut assassiné à Azeffoune, les Achabo ont accusé les Abdoun d’être derrière ce meurtre. Malgré plusieurs témoignages innocentant les deux frères, la cour d’assises d’Alger les condamne à mort, mais après l’intervention du président de la République sur rapport du parquet général d’Alger, ils ne seront pas exécutés, mais condamnés aux travaux forcés à perpétuités et déportés à Cayenne, d’où ils s’évadent en 1888.

Dés leur assignation à Cayenne, les deux frères Abdoun, Mohand Ou El-Hadj, et Ahmed Ou Said Ou Abdoun, résistent aux conditions amères, sans protestation aucune, mais savent que revenir au pays, se venger des faux témoins et exterminer les ennemis reste une mission qui leur impose, le code d’honneur. « Un jour Mohand Ou El- Hadj s’enfouit avec dix de ses partenaires dans la forêt, poursuivis par les soldats, quatre furent tués, trois autres moururent de la faim.

Seuls les trois derniers purent gagner la Guyane anglaise, d’où ils embarquèrent le vieil Abdoun. Revenu en Kabylie, il fut presque aussitôt repris, réexpédié au bagne, d’où il s’échappa une seconde fois», écrit Emil Violard dans son livre ‘le banditisme en Kabylie’.

Pour son cadet, Ahmed Essaid Ou Abdoun, après l’évasion de son frère et par mesure disciplinaire, il est transféré vers la Montagne d’Argent, où il passa deux années atroces. « Un soir qu’il regagnait son paillot, un de ses codétenus s’approcha tous prés de lui glissa à l’oreille : veux-tu fuir ? …. Nous sommes cinq et nous avons confiance en toi …. Si tu acceptes, vient à minuit, au bouquet des hautes palmiers.»

« Les fugitifs réussissent à gagner la Guyane hollandaise, où ils restèrent douze jours, vivant de racines, de fruits sauvage, couchant sur les arbres, souffrant milles maux. Enfin, ils peuvent s’emparer d’un canot appartenant à des pécheurs chinois, et ils s’embarquent, ayant pour toute nourriture un sac de riz, et quelques kilos de cassave.

Ils naviguent, sans direction, au gré des flots, et ce fut seulement le soir de dix-septième jour de cette vie nautique, alors que depuis quarante-huit heures. Ils avaient mangé leur dernier grain de riz et bu leur dernière goutte d’eau douce, qu’ils ont la chance d’être aperçu par un bateau anglais.

Le capitaine de ce navire recueille les évadés et les conduits à Panama. Là, Ahmed Essaid Ou Abdoun travaille jusqu'à l’obtention de la somme pour son transport en Angleterre. Il reste à Londres quelque temps, ensuite part à Manchester et après des mois de travail, il gagne Gibraltar.

Il rejoint le Maroc, à Tanger, il travaille sans cesse, faisait tous les métiers, ramasser sou à sou qui lui permet de traverser les provinces d’Oran et d’Alger sans attirer les soupçons de personne. Un jour d’hiver, il arriva à Agraradj, son village natal, en plain nuit d’hiver, cet homme de fer l’énergie et la colère, causées par les souffrances de toute nature.

Les deux frères Abdoun se jettent dans la montagne, Moh Essaid Abdoun déclare « j’ai prévenu les Achabo que j’étais de retour, résolu à me venger, et je tenais à commencer par le chef de la famille, celui qui a recruté des faux témoins pour nous condamner, dans les forêts de Tamgout, ils organisèrent une bande de partisans, les Achabo tenaient naturellement sur leurs égard et ils ne se rendaient au marché qu’entourés de renfort considérables, un jour Mohamed Achabo est aperçu par Moh Essaid Abdoun, et ses partisans, jusqu’au bord d’un ravin, « lorsque il était à notre portée, nous fîmes feu tous les trois à la fois, Mohamed leva les bras, tourna sur lui-même est s’abattit, la face contre la terre, la vengeance commençait…. »

En fin, ils rejoignirent le groupe du fameux Bandit d’honneur Arezki N’Ath El Bachir qui a constitué une bande au nord de la vallée de Sébaou, un groupe structuré qui a fait peur à l’administration française. Elle doit les exterminer puisque ils restent un vrai danger pour la souveraineté, mais leurs places entres les villageois a laissé les autorités françaises dans l’embarras, car si elle va attaquer cette bande un soulèvement général n’était pas écarté.

Durant des années, cette bande est devenue la première préoccupation de l’administration française. Ces fugitifs ont réussi à semer la peur dans les alentours de Tamgout, plus de 150 personnes l’ont intégrée.

Ils volent à main armée, des meurtres des administrateurs françaises, des Lamines qui qualifie des traitres, l’insécurité a fait son temps, la grande partie de cette bande sont des victimes de l’administration française, à l’image d’Arezki N’Ath El-Bachir qui déclare au tribunal « vous m’avez commander à mort, vous avez assassiné mon père, vous avez pris mes biens, je n’ai plus rien à vous dire, les morts ne parlent pas » cette bande a comme mission d’intervenir dans tout le territoire de haut Sebaou, contre le mépris et avec les malheureux victime de l’administration française, il se jettent dans la forêt où ils volent à main armée, de contrebande et de commerce avec des touriste Anglais qui se rendent à Tamgout, mais contre les administrateur de la France dans les villages, à chaque fois qu’il est un dépassement cette bande intervienne, comme la cas de village Tabarourt dans l’actuel commune de Zekri, cette bande a intervenu et saccager tout ce village.

La justice française, un certain 14 mai 1895 a réussi à capturer cette bande, après une audience qui a durée 10 jours sans compter les nuits, Ahmed Essaid Abdoun guillotiné à Azazga ainsi que les autres bandits à l’image d’Arezki n’Ath El Bachir et autres.

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